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Djamal Benmerad
Le Coudrier / coll. Le Coudrier
Poésie
14 x 20 cm / 60 pages
ISBN 2-960039-7-4
2006
12 €
Disponible
Dist. : Autodistribué
chez l'éditeur

Ne croyez surtout pas que vous allez lire ici des poésies lisses, coiffées de beaux sentiments. Vous êtes prévenus d’entrée par Djamal Benmerad, il s’agit de poèmes sous formes de tracts, autrement dit des paroles électriques, hérétiques, rebelles, en concurrence avec la vie réelle dans la mesure où, selon la bonne vieille consigne rimbaldienne, elles n’en font pas commentaire mais usage à foison. Jusqu’à la démesure et la parodie. Car ce poète « en retard d’une patrie » a « tout connu ou presque ».

D’abord, comme nombre de ses « camarades », il entra en utopie en se colletant à la réalité et aux mots qui en sont le sang.
Compagnon d’utopie, enfant du petit peuple voué à l’aphasie, il s’est assigné de porter haut ses rumeurs et ses colères. Dans cette passion, il peut y avoir de la naïveté mais pas une once de crédulité. En même temps qu’il tisse son chant, le poète perçoit au fur et à mesure du chemin les glauques impostures et leurs sanglants inventaires.
L’utopie elle-même renferme des sables mouvants.

Mais la première rébellion est d’ordre amoureux. « Trop seul dans le poème », la plénitude pour le poète procède d’une bouche de femme, un corps pris après l’autre, en défiant les convenances d’un monde satisfait de ses petits arrangements avec la morale. Ici femme se marie avec mirage et émeute. Le petit enfant avait serré la main au « Ché » quand Alger voulait ses lendemains de justice et de jasmin. Mais le numide destin est fait d’oracles dantesques. Les petits cireurs d’Alger auront des frères habiles au couteau. Le sang des poètes éclaboussera rades et maquis avant que l’exil scelle la parole rebelle dans les parois de la froidure et de la nostalgie.

Djamal Benmerad a tout connu ou presque. Ces feuillets nous livrent quelques égarements et émerveillements de son chemin à flanc d’espoir. Et contre toute attente, il reste vivace, irrépressible comme « un étourneau autour d’un cerisier ». De tels poèmes, il faut les coller aux murs comme des tracts à lire debout !

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