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L'Urbanisme du sacrifice et des bouts de ficelle
Gwenaël Breës
Aden / coll. Documents
Essai
/ 384 pages
ISBN 9782805900037
2009
18 €
Disponible
Dist. : Autodistribué
chez l'éditeur

L’histoire de Bruxelles est jalonnée de grands projets immobiliers qui, cycliquement, ont dévasté le tissu urbain et se sont terminés par un «Plus jamais ça !»

L’avènement de la Région de Bruxelles-Capitale, en 1989, portait l’espoir que soit mis fin à cet urbanisme imposé d’en haut et que la ville ne subisse plus de saccages comme celui du quartier Nord. Avec l’annonce de l’arrivée du Train à grande vitesse (TGV) en gare du Midi, il a vite fallu déchanter. Une nouvelle fois, le «progrès» et le «développement international» ont suscité les convoitises immobilières et déclenché le «nettoyage social» d’un quartier populaire…

Tout juste 20 ans plus tard, un livre revient sur cette saga politico-financière toujours inachevée et qui a mené à la démolition du quartier Midi. A travers une investigation fouillée et documentée, cet ouvrage révèle les dessous de l’un des plus grands fiascos urbanistiques de ces deux dernières décennies en Belgique.

Sur fond de crise du logement et de surproduction de bureaux, il dévoile comment le sort du quartier Midi s’est joué telle une partie de Monopoly, dans un combat opposant des investisseurs privés, une société ferroviaire métamorphosée en promoteur immobilier et des autorités publiques avides de recettes fiscales…Comment la Commune de Saint-Gilles et la Région bruxelloise, toutes deux menées par le socialiste Charles Picqué, ont transformé ce champ de bataille en véritable guerre d’usure… contre les habitants. Ceux-ci ont payé le prix fort d’une politique basée sur la lenteur, la temporisation et l’utilisation paradoxale d’une menace d’expropriation “en extrême urgence”.

La lecture de cette enquête offre une vision édifiante de certaines pratiques politiques marquées par l’amateurisme et la naïveté, par la concentration des pouvoirs et la confusion des intérêts (communaux et régionaux en l’occurence), par des connivences avec certains promoteurs immobiliers… Et par un profond mépris envers les habitants, comme le confirmeront les derniers rebondissements judiciaires où la Région bruxelloise se verra condamnée pour avoir “bafoué de manière arrogante plusieurs droits de l’Homme”.

Le désastre du quartier Midi n’est pas que social et politique, il est aussi urbanistique et économique. Ce livre en replace incontestablement la responsabilité sur son principal instigateur, le bourgmestre et ministre-président Charles Picqué, qui évite pourtant de l’assumer.

Ce livre a été écrit à partir d’expériences vécues, de récits et témoignages d’habitants, d’interviews de différents intervenants du dossier, ainsi que d’abondantes archives écrites et audiovisuelles (livres, articles et reportages de presse, mémoires d’étudiants, courriers, comptes rendus de débats politiques, textes légaux, prescrits urbanistiques, documents judiciaires, rapports d’activités, etc.).

Chacun des 12 chapitres qui le composent propose une approche thématique, s’intéressant particulièrement à un aspect (historique du quartier, planification, judiciaire…) ou à un acteur de cette saga (la Commune de Saint-Gilles, la Région de Bruxelles-Capitale, la société anonyme Bruxelles-Midi, Charles Picqué, la SNCB, les promoteurs immobiliers, et bien sûr les propriétaires, commerçants et locataires du quartier).

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