Alain Cofino Gomez
P.A.T.
Théâtre
13 x 20 cm / 46 pages
ISBN
2011
11 €
Disponible

Caligula n’est pas prêt, pas préparé, pas conçu pour être à la tête d’un empire colossal. Replié dans les sous sols du palais, face à la nuit et à ses démons, il nous offre l’intimité d’un homme-enfant égaré… Insomniaque, il s’entoure de femmes, de louves à fleur de peau qui veillent sur lui et sur leurs places dans la meute. Sa soeur Drusilla le pousse à se façonner en tyran, à s’aiguiser comme une lame. Mais effrayé à l’idée de devenir un homme, plus encore, un homme de pouvoir, il tombe malade et s’endort. A son réveil, Caligula accepte de bâtir son monde sur le lisier du chaos et se proclame « Dieu vivant ». Drusilla meurt et le précipite un peu plus vers la monstruosité. Le texte d’Alain Cofino Gomez se termine comme un clin d’oeil, là où commence le célèbre texte d’Albert Camus.

La pièce a été jouée au Théâtre des Cordes à Caen en 2011.

Extrait :

Je sais que quelque chose se forme contre ma vie. Ici dans les endroits les plus familiers du palais, une force ennemie à mon intimité veut me voir défait, crevé dans la mare de sang. Tu sais cela aussi mon tendre ami, tu dois le savoir. Rien ne pourrait me convaincre du contraire. Peut-être même es-tu de ceux qui fomentent en secret la fin d’un princept.

Oui, je veux bien croire cela. Rien ne m’étonne plus. Il y a de quoi être mécontent, je suis un mauvais maître, je n’ai mené Rome nulle part. Rome a fait un tour sur elle-même voilà tout, voilà ce que diront les annales de ma pauvre gouvernance. Mais écoute-moi bien, cela m’est complètement égal. Je serai parvenu à reculer l’échéance, chaque jour, j’ai gagné sur la mort un tout petit peu de temps. Je ne crois pas que cela ait un sens. Non. Mais je vais encore me donner du temps.

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