Vinci, Dürer, Michel-Ange sur les traces d’Er et Noé
Chakè Matossian
Théorie
Art, Essai
21 x 25.5 cm / 128 pages
ISBN 978-2-930174-41-9
2009

Disponible

Léonard de Vinci, pris dans le déluge, se déclare ambassadeur en Arménie. Dürer se peint sur le Mont Ararat en compagnie des dix mille martyrs. Michel-Ange fait son autoportrait sur la peau de saint Barthélemy, l’apôtre des Arméniens, écorché en Arménie. Les visions et prophéties de ces trois artistes majeurs de la Renaissance ont donc en commun un lieu, l’Ararat, l’Arménie. Qu’ils aient tous trois voulu se désigner, se raconter là comme en un ailleurs familier, faire leur autoportrait topographiquement connoté, mérite peut-être que l’on s’interroge sur la précision d’un tel choix. Pourquoi la relation si forte et étroite qu’ils établissent avec l’Arménie comme lieu de vision et de prophétie, comme lieu d’apparition de leur autoportrait,  reste-t-elle si peu connue, ignorée ou même passée sous silence ? Hantés par les formes du déluge, habités par la question du devenir des âmes, du jugement dernier et de la résurrection, Vinci, Dürer et Michel-Ange pénètrent les mystères par les voies de Noé et d’Er l’Arménien dont Socrate nous rapporte le témoignage. Par la marque arménienne, ils s’affirment, discrètement, comme disciples de Platon.

Chakè Matossian, s’appuyant sur la Théorie de la science de Fichte pour montrer ce qu’il en est de la vision vivante, examine ces autoportraits en Arménie à la lumière de Platon et des écrits mystiques de Guillaume Postel. Les admirables secrets de l’Ararat que nous invitent à pénétrer les trois artistes sont prometteurs d’une vision qui dépasse toute peinture. Lieu de coïncidence entre l’évanescence de la forme et la vie même, entre le génie païen et le cœur chrétien, entre l’Orient et l’Occident, l’Ararat des peintres se fait lieu de vision du réel.

À propos de l’auteur

Chakè Matossian

Chakè Matossian, philosophe et docteur en Théorie de la Communication, a enseigné à l’Universidade Nova de Lisboa de 1981 à 1993. Elle est professeur honoraire de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles, Ecole Supérieure des Arts où elle a enseigné jusqu’en 2015. Outre de nombreux articles parus dans des revues spécialisées, de sciences humaines et d’esthétique (TraversesFurorColoquio/ArtesLa Part de l’Œil…) ainsi que dans des catalogues d’artistes, elle a collaboré à des publications collectives comme Les Entretiens de la Garenne-LemotLa Sorcière de MicheletRousseau et le spectacleLe corps transparent…. Elle a participé à des colloques et séminaires internationaux, a été invitée par Carlo Ossola pour intervenir dans le cadre de son séminaire au Collège de France avec deux communications sur Michelet et une sur les autoportraits de Vinci et Dürer en Arménie. Parmi ses livres : Espace public et représentations, Bruxelles, La Part de l’Œil, 1996 ; Saturne et le Sphinx (Proudhon, Courbet et l’art justicier), Genève, Droz, 2002 ; Des admirables secrets de l’Ararat – Vinci, Dürer, Michel-Ange sur les traces d’Er et Noé, Bruxelles, La Part de l’Œil, 2009 ; « Et je ne portai plus d’autre habit » – Rousseau l’Arménien, Genève, Droz, 2014.

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