couverture (9)
Yvan Alagbé
Frémok / coll. Amphigouri
Bande dessinée
21 x 26.5 cm / 220 pages
ISBN 978-2-930204-72-7
2013
29 €
Disponible
Dist. : Sodis

Je me souviens que l’on n’a pas lu de nouveau livre d’Yvan Alagbé depuis longtemps. Je me souviens même d’une demoiselle qui a remercié le ciel quand elle a appris la nouvelle. Je me souviens que les premières pages d’École de la misère datent de 1997 mais que tout remonte encore plus loin.

Je me souviens d’une certaine idée de la France et des bienfaits de la colonisation. Je me souviens des sans-papiers de l’église Saint-Bernard. Je me souviens du bruit et des odeurs. Je me souviens de la pauvre France. Je me souviens de la France riche. Je me souviens des paysages, lac, forêt, sous-bois… Je me souviens de la chaleur des corps, des corps ouverts, offerts, je me souviens du sang qui bat et afflue. Je me souviens aussi des corps inertes et froids. Je me souviens du « Notre Père » comme si c’était hier. Pourtant, je ne me souviens pas de tout. Pourtant, il y a bien des choses que je voudrais oublier. Mais qui peut oublier ce qui s’écrit dans la chair ? Et qui voudrait oublier la misérable splendeur de l’enfant qui naît ?

École de la Misère commence sans bruits. Les souvenirs de Claire s’enchâssent à la manière des rêves, évoquant des images et des sensations, avant que l’un d’entre eux ne se fraye une place nette et laisse enfin s’échapper un dialogue entre père et fille : « Alors comment ça se fait qu’on l’ait jamais vu ton petit copain ? C’est un Nègre ou quoi ? ». Ce dialogue, très proche de celui qui se trouve au début du livre Nègres Jaunes, rappelle les mêmes protagonistes. Ecole de la Misère se souvient de Nègres Jaunes. Et de la même manière, Claire, avec la distance et les années, reconstruit son histoire au regard de celle, plus large et plus terrible, de sa famille, qu’elle retrouve à l’occasion de l’enterrement de ses grands-parents. En réponse au silence, aux politesses et à l’hypocrisie du cérémonial, elle se souvient. Un chemin labyrinthique à travers sa mémoire nous ouvre des portes sur des scènes d’incestes, d’héritages véreux, des photos du temps des colonies et des disputes violentes qui viennent mordre et illuminer un amour passionné. à chaque violence son histoire, à chaque misère son école.

À propos de l’auteur

Yvan Alagbé

Né en 1971 à Paris, Yvan Alagbé est de mère française et de père béninois. Au cours de ses études scientifiques il rencontre Olivier Marboeuf avec lequel il anime une revue trimestrielle, l’OEil carnivore.
Ensemble, ils signent un premier livre, Ville prostituée aux éditions Vents d’Ouest. Ils constatent  à la fois les possibilités des littératures graphiques et l’impossibilité de les explorer chez un éditeur de bande dessinée classique. Ils fondent alors les éditions Amok et la revue Le Cheval sans tête. Leur souci, tant de recherches formelles que d’engagement social, se traduira plus tard pour Olivier Marboeuf par la création de l’association Khiasma. Dès 1994, Amok et Fréon tracent un axe Paris / Bruxelles en animant le café littéraire et le festival Autarcic comix. En 2002, Amok s’unit à l’association Fréon pour constituer, reconstituer selon certains, le Frémok.
Il travaille actuellement à son prochain livre, pour lequel il a obtenu une bourse du CNL.
2012 verra la publication de son prochain grand-oeuvre après Nègres Jaunes, École de la misère.

Du même auteur

negre Nègres jaunes
et autres créatures imaginaires
Yvan Alagbé
Frémok
Bande dessinée
/
ISBN 978-2-930204-63-5
2012
18 €