Annie Perec Moser
Peintures de Jacques Person. Préface de Patrick Devaux. Postface de Jean-Michel Aubevert
Le Coudrier
Poésie
14 x 20 cm / 72 pages
ISBN 978-2-39052-004-7
Novembre 2019
18 €
Disponible

Tout est dans la présence, le ressenti et la fidélité dans la durée.
Le souci du détail renforce la perception du vécu. L’émotion prend corps, surprise entre ouverture, discrétion, mémoire et repères symboliques. Autour de la poète s’incarne un univers personnel de proximité, de rêve, avec parfois la conviction prémonitoire que « l’incertain de la nuit fait trembler les hublots ».
— Patrick Devaux, extrait de la préface.

La plume est si légère et leste à la fois qu’elle ne semble pas inscrire, mais papillonner à loisir entre les vers tressés.
Il semble que, se référant à l’antique, à des amours mythiques, l’auteure nous souffle qu’il n’est d’éternel que ce qui se renouvelle, de présent aussi prégnant qu’à l’écho d’antécédents.
La poète invoque plus qu’elle n’évoque, comme des mantras que la mémoire nous répète, ces fragments de texte qui, d’entre les vers oubliés continuent de nous parler, comme des tables tournantes, des ronds dans l’eau au ricochet des anges, l’écume que soulève une plume.
La misère est évoquée et les sorts implacables auxquels la mort seule est pitoyable. Sur cette fin, s’achève le recueil, cependant que la poète, en refusant l’anéantissement, ne veut y voir qu’une disparition à l’horizon de nouveaux proches.
— Jean-Michel Aubevert, extrait de la postface.

Extrait

Apparition

C’était l’heure très pâle
Où le soleil hésite
À border les étoiles
Sous leur ciel d’hématite.

Une femme lunaire
Passa dans le matin
Vers la rue des Saints Pères
Un chat contre son sein.

Tout près d’un parapet
Sa jupe de futaine
Mordait le bord du quai
Qui menait vers la Seine.

Elle avait la beauté
Que l’on prête aux enfants
Dont les traits tout froissés
Sont laids ou bien charmants,

Selon l’heure, le jour,
Les rires, les moments,
Quand les membres sont gourds
Ou les regards ardents.

Droite comme un glaïeul
La langue ourlant ses dents,
Elle me toisa d’un œil
Gris et indifférent.

Puis, son chat en étole
À l’ombre de son cou,
Posé, noire corolle,
En guise de bijou,

Elle me dépassa,
Splendide comme un paon.
Moi, je ne bougeai pas,
Stupide, m’affligeant

D’avoir laissé passer
Ce cadeau du destin,
de n’avoir pas osé
Arrêter son chemin.

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