eponge
Saïd Mohamed
Couverture de Benédicte Mercier
Les Carnets du dessert de lune / coll. Pleine Lune
Poésie
14 x 20 cm / 128 pages
ISBN 978-2-930607-60-3
2012
12 €
Disponible
Dist. : Autodistribué
chez l'éditeur

Voilà un livre–bilan, bilan du voyage de la vie, de la poésie, d’un constant aller-retour entre ces deux pôles. En tout cas, on ne saurait reprocher à Saïd Mohamed d’en être resté à l’introspection en chambre : la vie, il l’a explorée un peu partout dans le monde :

« Louvoyer dans le cœur du monde. / Goûter à l’outrance des infortunes / aux gloires éphémères promettant l’infini, / garder le cap sur l’horizon / et l’œil sur le compas des étoiles bienveillantes / pour baliser ce chemin.
Découvrir des places nouvelles, / Là où celle de l’étrange n’existe plus, / Parcourir des endroits de lumière / Et emprunter des passages inconnus. »

Saïd Mohamed entend s’inscrire dans une filiation d’explorateurs de paysages humains qui va de Saadi à Cendrars, en passant par Gibran, Hikmet, Pessoa.

Presse
Même s’il a publié d’excellents romans depuis les années 2000, Saïd Mohamed reste fidèle à ses premières amours que sont les poèmes et la poésie. L’on se souvient de certains recueils qui avaient marqué leur époque par leur  écriture abrupte : Délits de faciès (Dé Bleu, 1989) ou Lettres mortes (Poésimage, 1995). Comme toujours, Saïd Mohamed souhaite entraîner son lecteur dans une sorte de voyage initiatique dans lequel l’imaginaire et le réel vont bousculer leurs points de repère. Jean-Claude Martin, dans une brève préface, évoque les fantômes de Cendrars, Saadi, Gibran, Hikmet ou Pessoa. Avec ces cinq-là, on peut être sûr de « louvoyer dans le coeur du monde » avec la curiosité et « l’ardeur de ceux qui n’ont plus rien à perdre ». De découverte en résolution, le poète peut « devenir enfant des chemins » ou clochard céleste ou bien encore un « idiot indécent qui crie sa joie sans attendre de réponse ».  Voilà qui est dit de façon lucide et courageuse. « Vivre paria et se maintenir vivant tant que possible » semble être le seul mot d’ordre que s’impose Saïd Mohamed dans une démarche existentielle totale et singulière.

 Georges Cathalo

Extrait
Fuir ces chemins qui servent de prétexte au quotidien. Acquérir la sagesse ou le désarroi, livré à soi-même, au doute qui taraude, vrille et transforme dans l’affrontement.
À quoi bon s’évertuer à te surprendre : dans sa précarité, le bonheur est juste.
Dure la certitude autant que cet amour livré en vrac sans mode d’emploi.
Sur le fil du soleil, des poèmes dilapidés au destin sans importance pour chercher sans fuir, et traverser ces déserts de sable et d’océan.
Et quand point le matin, perle rouge dans la peau des brumes, je continue mon voyage, fumant une cigarette, assis sur des bidons d’essence au fond d’un camion qui traverse le Sahara.

Auteure de la couverture, Bénédicte Mercier pratique en autodidacte la photographie depuis sa communion, jour où on lui offrit un appareil photo. S’est achetée un Canon A1 avec ses premières économies. Depuis elle est restée une fidèle de Canon. Après des séjours au Portugal et au Maroc, elle a vécu six mois en Inde loin des circuits touristiques. Ce périple dans l’Inde du Sud lui a permis de découvrir de nouveaux horizons photographiques.

À propos de l’auteur

Saïd Mohamed

Saïd Mohamed est né en Basse-Normandie d’un père berbère, terrassier et alcoolique et d’une mère tourangelle lavandière et asociale. Nomade dans l’âme, il est tour à tour, ouvrier imprimeur, voyageur, éditeur, chômeur, enseignant. Auteur de Souffles (Carnets du dessert de lune, 2006), il a obtenu le prix Poésimage en 1995 pour Lettres mortes et Le prix CoPo 2014 pour l’Éponge des mots (Carnets du dessert de lune, 2012). Blog : ressacs.hautetfort.com.

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