Et elle
Souvenir deux
Annick Ghijzelings
Illustrations de Anne Leloup
Esperluète / coll. Cahiers
Récit
10.5 x 20 cm / 28 pages
ISBN 978-2-930223-15-5
2000
9,90 €
Épuisé
Dist. : Autodistribution

Le mot de l’auteur :
« En 1992, Marcel Maeyer expose à la IXème Documenta de Kassel un ensemble de petits tableaux carrés. Presque tous sont bleus. Presque tous sont des images de la mer. Quelques-uns d’entre eux représentent un phare. C’est le Phare de la Vieille, accroché aux rochers dans le passage étroit entre la Pointe du Raz et l’Île de Sein. Les tableaux sont signés du nom de Pierre Lepennec, peintre et gardien de phare breton. Un matin de 1997, fascinée par l’assemblage des petites toiles bleues et par le contenu d’une lettre qui était jointe à l’oeuvre, j’ai appelé Marcel Maeyer. De cette conversation dont je n’ai plus de souvenir que la confusion, est né le texte Et elle. Une femme sur la côte bretonne cherche les traces du passage d’un homme, un peintre devenu gardien de phare. Dans le même temps qu’elle s’approche du peintre, elle s’éloigne de l’homme qu’elle a aimé. Elle écrit au sujet du peintre. Elle écrit aussi à l’homme qu’elle quitte doucement. Le texte rapporte ses écrits. Ne sachant rien du peintre, j’ai tenté de lui donner une existence. Ne pouvant penser qu’à l’amour manqué comme raison d’être là, retiré du monde des hommes, je lui ai donné une histoire triste et une paresse à aimer. »
(Annick Ghijzelings)

Extrait :
Je suis là pour entretenir de petits secrets.
Je suis là pour enchanter de petits espaces de misère. Je suis là pour entendre les mots qui furent l’objet de si grandes douleurs. Je suis là pour éveiller des fragments de souvenirs et les recueillir et les laisser. Parce que la mémoire ne saurait laisser de répit. Je suis là pour vous soumettre à vous-même et faire silence. Je suis là pour vous étreindre et baiser vos lèvres. Je suis là pour jouir de vous et vous jouissez de moi, de même. Je suis là parce que vous m’avez possédée, parce que votre désir a précédé le mien, qu’il m’est apparu que cette nuit où nous fûmes si silencieux, nous parlâmes le même langage, qu’il me semble que tout cela continue.

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