Édith Henry
Ill. de Catherine Berael. Préface de Jean-Michel Aubevert
Le Coudrier
Poésie
14 x 20 cm / 73 pages
ISBN 978-2-930498-97-3
2019
16 €
Disponible

Un petit bijou de joie de vivre qui donne envie de vivre plus encore. Aucune mièvrerie dans cette écriture, mais la célébration de l’amour heureux, du bonheur simple et gourmand. Aucun doute, Édith Henry dansera sa vie jusqu’à son dernier souffle, et sa danse est belle…

 
« Trop beau pour être vrai et pourtant vrai, j’aime ce recueil. Il a pour moi le toucher d’une peau couplé au tact des mots. Il a l’intelligence de sa sensualité, la maturité de sa jeunesse.
Que dirais-je de sa rivière, du phrasé des méandres qui, de page en page, en décline le Tendre ? Tactile et sonore, coulé dans l’or des métaphores, il est comme un feuillage qu’aère la brise en notations précises. C’est une gourmandise, l’aveu des bonheurs dans la déclaration des vœux, la chance des éveils retrempés de jouvence, la vie heureuse dans le courant d’une passion harmonieuse. Il y a là un frémissement de saveurs, le goût prononcé des mots qu’on égrène à la faveur de l’appétit de vivre, la vibration d’un hommage à la sensation de vivre.
On ne peut s’empêcher de songer, au fil des pages, au flux et reflux des heures qui imbibe la plage, à cette respiration de l’estran que relance le soleil, comme au regard se porte le miroir d’une âme. C’est comme un ciel que couchent les mots au lit d’une bouche, le dé d’une rive qu’une langue salive dans l’ardeur des jours qu’éclaire l’amour.
Le mot juste et l’euphonie lui confèrent sa voix. »
— Jean-Michel Aubevert, extrait de la préface.

 
Extrait

Froide et neigeuse la couche de ma naissance,
un dimanche étiré au khôl d’un ciel orange,
petite, toute petite fille au cri grésillant,
transie comme la vitre aux fleurs de givre,
au-delà du temps,
au-delà de moi,
enfermée dans l’espace de deux bras,
dans une saignée
gisante
en flagrant délit de curiosité.

**

Les mots s’étanchent,
à l’inverse des saisons,
ils filent l’haleine,
colmatent les sanglots des oiseaux,
haut, très haut
dans la sève des phrases.

Mon argile est friable, fluide,
elle pétrit les nouveaux-nés
de ses lèvres décloses de confidences.
Mon argile est dure,
façonnée sans résistance
au four des patiences
et des voluptés attentives.

Duelle je suis de soleil
et de neige craquante,
fugace dans ses fruits,
rompue à toutes les déraisons
dans une incertitude
sans cesse parcellée

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