derniere-photographie
Sarabande d'Ingmar Bergman
Isabelle Rèbre
40 ill. noir et blanc
La Lettre volée / coll. Palimpsestes
Cinéma, Essai
12 x 18 cm / 152 pages
ISBN 978-2-87317-490-3
2017
20 €
Disponible

Ingmar Bergman réalise Sarabande à quatre-vingt six ans, alors qu’il pensait en avoir fini avec le cinéma. Ce tournage apparaît comme la seule issue aux tourments qui s’emparent de lui en cette fin de vie. Le cinéaste y pose la question du dialogue avec les morts : la réponse tient ici à l’utilisation de la photographie. Ainsi, place-t-il au cœur de son film le portrait d’une défunte : c’est paradoxalement cette image fixe qui va mettre en mouvement les personnages, et provoquer leur déplacement. La sarabande n’est-elle pas d’abord une danse ?
L’autre particularité de ce film est de condenser en son sein un grand nombre de reprises tirées de sa filmographie, savamment remises en rythme. Il ne s’agit pas de conclure, mais de rassembler et réanimer personnages et motifs anciens dans une œuvre profondément musicale, composée pour se reprendre à l’infini. Ultime et subtil renversement d’un cinéma qu’on pensait hanté par la mort.

Extrait
J’ai vu Sarabande à sa sortie en France en 2004, avec l’impression que j’en savais quelque chose mais que ce que je savais, je l’ignorais, il fallait le chercher. À la mort de ma mère, il me restait une photographie d’elle que me donna mon père. Les deux actions s’étaient déroulées simultanément, provoquant dans mon esprit un effet de substitution. La suite de l’histoire ressemble en substance au scénario de la fiction. À l’âge de Karin, la jeune fille du film, lors lors de la projection-d’un film noir et blanc muet de Murnau, il me semble, j’eus la révélation que le cinéma avait le pouvoir de faire revivre les morts. Je n’ai eu de cesse à partir de ce moment-là de vouloir m’approcher des images animées pour en saisir le mystère. Sans doute dans le but de pouvoir un jour réanimer un unique portrait, le sauver d’une seconde mort, de l’oubli.

À propos de l’auteur

Isabelle Rèbre

Isabelle Rèbre est cinéaste. Elle a réalisé une dizaine de films documentaires dont un long métrage, Pollock & Pollock (2017). Elle achève actuellement son doctorat de cinéma. Elle est aussi l’auteure de : Moi quelqu’un (Actes Sud Papiers, 1998), Ton 8 mai 1945 et le mien (France Culture, 2001 ; Publie.net) et Fin, pièce de théâtre créée par Bernard Bloch et Martine Colcomb en 2015.

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