semaine-des-martyrs
Gilles Sebhan
Les Impressions Nouvelles / coll. For intérieur
Roman
14.5 x 21 cm / 208 pages
ISBN 978-2-87449-415-4
2016
17 €
Disponible

Dans ses romans comme dans ses essais, Gilles Sebhan s’inspire de sa propre existence et de ses passions. Il nous fait partager ses univers, sociologique et sexuel, sans fausse pudeur, tout autant que ses questionnements les plus intimes, qu’il sait aborder avec une lucidité foudroyante, n’hésitant jamais à s’interroger sur sa propre souffrance, ni sur son éventuelle « culpabilité ».

Dans la Semaine des martyrs, le voici obsédé par une histoire d’amour avec Mohamed, un jeune et intrigant chauffeur de taxi du Caire, qui va mystérieusement disparaître de sa vie, alors qu’il se retrouve avec son ami photographe (Denis), sans en prendre encore réellement la mesure, plongé au cœur d’un événement historique majeur que les médias appelleront « la révolution égyptienne ». Près d’un millier de jeunes révoltés, baptisés ensuite les martyrs, seront tués au cours de ces journées de janvier 2011 sur ordre de Moubarak.

Ce roman mêle avec efficacité les histoires des uns et des autres, et celle du narrateur amoureux, à la grande Histoire. Sebhan écrit au plus près de la chair, des désirs ou des répulsions, son récit est à hauteur d’homme. Avant même que l’on parle de révolution, il sait voir dans les situations, les visages, dans des jeux d’enfants pauvres sur la crête d’un mur, tombant d’un côté ou de l’autre, mais souvent de celui des ghettos où l’on cache la misère, les prémices de l’espoir comme les signes de la tragédie.

À propos de l’auteur

Gilles Sebhan

Né en 1967, Gilles Sebhan vit et travaille à Paris.
Ses quatre premiers romans sont en grande partie autobiographiques. Haut Risque décrit ainsi les relations amoureuses d’un professeur de collège avec l’un de ses élèves, tandis que Presque gentil (Denoël, 2005) explore les frontières persistantes entre hétérosexualité et homosexualité pour un jeune ouvrier égyptien. Avec la Dette (Gallimard, 2006), publié en 2006, Sebhan s’interroge sur son père qui a porté l’étoile jaune pendant l’Occupation et a participé à la guerre d’Algérie dans l’armée française. Il y établit un parallèle entre la vérité sur le père et la vérité sur soi. La figure du père est à nouveau sollicitée dans son roman suivant, Fête des pères (Denoël, 2009), qui brosse le portrait d’un tueur en série. En 2010, Sebhan choisit de rendre hommage, dans Tony Duvert, l’enfant silencieux (Denoël), à l’écrivain Tony Duvert encensé dans les années 1970 avant de tomber dans un silence et un isolement que tente de comprendre Sebhan. Son ouvrage suivant, Domodossola, le suicide de Jean Genet (Denoël, 2010), est consacré à Jean Genet et trace un parallèle entre le suicide en 1964 de l’amant de l’écrivain, Abdallah Bentaga, et l’abandon par Sebhan de son jeune amant Majed.

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