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Frédéric Boilet
Les Impressions Nouvelles / coll. Traverses
Dessins, Photo
17 x 24 cm / 240 pages
ISBN 978-2-87449-005-9
2006
21 €
Disponible
Dist. : Harmonia Mundi

« Après quinze années d’un séjour quasi ininterrompu, je suis au Japon sans y avoir rien vu.
Je ne me suis jamais offert les services d’une geisha et n’ai croisé aucun samouraï, je n’ai pas assisté à la parade du mariage princier et l’extrême droite nippone a négligé de m’insulter, je n’ai pas visité le temple d’or de Kyôto et ne me suis pas plus approché des cerfs de Nara, je n’ai passé aucune nuit dans un hôtel capsule ni aperçu un seul pousseur dans le métro de Tôkyô. Mais il y a pire, l’incompréhensible, l’inexcusable négligence, j’ose à peine l’avouer : je suis au Japon sans avoir vu le Mont Fuji !
Que vont penser mes anciens amis de Nancy, eux qui parvenaient, chaque été et avec quel brio, à visiter toutes les choses indispensables d’un pays, en un mot à le « faire »?
Ainsi Michel qui, en juillet 1987, avait fait la Thaïlande, ou ce vieux Roger, à qui il n’avait pas fallu plus de trois semaines pour faire la Chine !
Voilà bien un souvenir, celui de mes chers amis, qui m’invite à l’humilité, peut-être au regret : non, décidément, je n’ai pas fait le Japon. »

Frédéric Boilet

À propos de l’auteur

Frédéric Boilet

Né en 1960 à Épinal, Frédéric Boilet sort des Beaux-Arts de Nancy alors que paraît son premier livre (la Nuit des Archées, en collaboration avec Guy Deffeyes, 1983). Il collabore ensuite avec René Durand (les Veines de l’Occident, deux tomes chez Glénat), avant de rompre résolument avec cette époque en réalisant seul le Rayon vert, paru en 1987 chez Magic Strip. Il y expérimente une méthode de travail qui est encore la sienne aujourd’hui, et pour laquelle il recourt à la photo et à la vidéo : entre reportage de terrain et fiction, l’ouvrage, très remarqué, marquera un tournant dans sa carrière. 36 15 Alexia (Les Humanoïdes Associés, 1990) applique cette méthode à un récit d’inspiration autobiographique. La rencontre avec le scénariste Benoît Peeters oriente son travail vers des récits quotidiens teintés d’humour : Love Hotel (1993) et Tôkyô est mon jardin (1997) chez Casterman, et Demi-tour (1997) chez Dupuis.

Premier lauréat de la bourse annuelle de manga Kôdansha en 1993, Frédéric Boilet s’installe au Japon en 1997. En 2001, il organise l’Événement Nouvelle Manga à Tôkyô et publie l‘Épinard de Yukiko (Ego comme X), un ouvrage aujourd’hui traduit en neuf langues, puis Mariko Parade (en collaboration avec Kan Takahama, 2003). Ses bandes dessinées, illustrations et articles paraissent régulièrement dans la presse japonaise, aux tirages souvent extraordinaires (Big Comic, 900 000 ex., Asahi Shimbun, 8 millions d’exemplaires…), et seront rassemblés en France dans deux ouvrages : l’Apprenti Japonais (Les Impressions Nouvelles, 2006) et Elles (Ego comme X, 2007).

Premier auteur occidental à avoir réussi à s’imposer au Japon, il joue au fil des années un rôle de plus en plus actif entre BD et manga, adaptant en français Quartier lointain de Jirô Taniguchi ou l’Homme sans talent de Yoshiharu Tsuge, en japonais Petit Vampire de Joann Sfar ou l’Ascension du Haut Mal de David B. De 2004 à 2008, il crée et dirige successivement les collections Sakka et Sakka Auteurs chez Casterman, présentant pour la première fois en Occident les ouvrages de quelques uns des meilleurs auteurs de la bande dessinée japonaise, comme Kiriko Nananan ou Kyôko Okazaki.

 

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