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Luc Delisse
Les Impressions Nouvelles / coll. Traverses
Roman
14.8 x 21 cm / 192 pages
ISBN 978-2-87449-029-3
2007
17 €
Disponible
Dist. : Harmonia Mundi

Professeur nonchalant, spécialiste des textes sacrés, auteur de quelques livres introuvables : tel apparaît le héros de ce livre. Mais ce n’est sans doute qu’une couverture. Ses vrais combats sont ailleurs. Il se comporte comme un agent double, engagé dans une perpétuelle guerre de l’ombre. Ses adversaires : des “extra-terrestres”, des envahisseuses déguisées en femmes et quelles femmes ! Affreusement belles, et mortelles si on relâche sa garde un instant.

« Les tentantes, les possibles, les faciles, les hostiles, les lointaines, les faites pour, les rapides, les trop tôt, les trop tard, les promises, les perdues, les indispensables sinon on sera malheureux, les vraiment belles : je ne voyais qu’elles du matin au soir. Elles surgissaient de partout. Inoffensives sauf pour moi. Elles étaient mêlées à la vie courante, elles exerçaient des métiers, elles prenaient le métro, elles faisaient des emplettes. Pourtant je savais bien qu’elles n’étaient pas originaires de la planète Terre. Leurs fins n’étaient pas nos fins. Déguisées en humains ordinaires, elles répandaient leurs charmes, jetaient des sorts. Elles avaient le pouvoir de rendre fous ceux qui voyaient l’invisible. J’étais fou d’elles, fou de toutes, en effet. »

Le personnage central inventé par Luc Dellisse est hanté par un désir d’absolu, qui s’incarne dans la quête passionnée des femmes. Tout l’y ramène sans cesse, quels que soient ses détours. Il n’est pourtant ni un jouisseur, ni un séducteur. Il ne collectionne pas, il dilapide au contraire ses forces dans une course sans fin. Il ne cherche pas à vaincre, mais à comprendre le secret des choses, là où il n’y a sans doute rien à comprendre.

Est-ce la raison pour laquelle il est devenu chercheur en littératures comparées : dans l’espoir de saisir enfin ce qui le brûle ? Il attache une attention particulière à certains passages de la Bible : l’Epitre aux Corinthiens, l’Evangile selon saint Jean et surtout, l’Apocalypse, mise en forme théâtrale du Jugement dernier. Mais à l’évidence, il considère ce livre célèbre comme un ensemble de textes curieux et cryptés : il y trouve davantage un espace de recherche qu’une dimension sacrée.

Dans Le Jugement dernier , l’érotisme n’est qu’une des figures du récit, au même titre que la passion des voyages, que la recherche de la face cachée du monde, que le désir de lumière. C’est une fable et non un récit psychologique. Tout y est plus étrange que nature. On se croirait dans un théâtre d’ombres chinoises ; les personnages y projettent sur le mur des figures démesurément agrandies et transformées, jusqu’à devenir étrangères à ce qui les a enfantées.

« Pour me fuir, j’ai mis les bouchées doubles et j’ai noué sept relations simultanées. Elles n’avaient en commun que d’appartenir aux mêmes journées, au même printemps. Elle étaient si différentes l’une de l’autres qu’elles avaient l’air de notes alternées sur la gamme du temps. Ce fut ma saison des sept jeunes filles. Elles ont duré aussi longtemps que ce printemps crépusculaire. »

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