rire-du-jeune-crocodile
Une enfance au Congo belge de 1950 à 1960. Récit d'une odyssée
Jean-Marie Dubetz
Traverse
Récit
13.5 x 20.5 cm / 192 pages
ISBN 978-2-93078-328-4
2018
20 €
Disponible

Aux temps paisibles de la colonie, un peu avant l’Indépendance de ce qui va devenir le Congo RDC, un petit garçon voit le jour à Coquilhatville, sur l’Équateur.
Une barge accoste et le voyage de l’enfant peut commencer, entouré de ses parents et de son grand frère. Fermement, son père tient la barre. Cette histoire de vie et de voyage, d’initiation et de révélations se déroule d’Élisabethville (en amont) à Moanda (en aval).
Le Rire du jeune crocodile évoque, tout au long de l’Odyssée de la descente du fleuve, le rite de passage de cet enfant avant de prendre le « grand Bateau des blancs » qui l’emportera définitivement en Belgique.
À l’image de l’immense serpent offert par son père au zoo de Léopoldville, le petit Jean-Marie assistera étonné à la mue progressive du pays qu’il devra soudainement quitter pour devenir, comme il le vécut à l’époque, un réfugié en Belgique.
Le Rire du jeune crocodile donne à lire une expérience singulière dans le bruissement des voix collectives.
Les questions d’alors prennent forme dans la mémoire du narrateur, à près de soixante ans de distance, dans une perspective de reconnaissance d’une histoire plus vive que jamais.

Avant-propos
Naufragés, clandestins, migrants, réfugiés…, des mots ! Derrière ces mots, des êtres humains à la recherche d’une terre d’accueil. En face, sur la terre promise espérée, indifférence, méfiance, ordre de quitter le territoire ! Heureusement qu’il y a des gens qui nagent à contre courant et qui se demandent : Et si un jour nous aussi on devenait des réfugiés ? Réfugié ? Jean-Marie Dubetz, auteur du texte qui vous est proposé à lire, l’a été.
Au Congo belge, son pays de naissance, il a vécu plus longtemps sur un bateau que dans une maison ; il a appris à parler aux animaux que son papa recueillait en vue de leur offrir une autre vie dans un jardin zoologique. A un oiseau dans sa cage il demandait : « Qui es-tu donc, toi l’oiseau déposé à nos pieds […] Quel est ton nom? Ibis, héron, cigogne… ou rebelle ? »
Sous les Tropiques, en compagnie de son frère, de ses parents, servis par un boy congolais, la vie de deux enfants ne fut pas toujours un long fleuve tranquille. Surpris un jour en train de jouer chacun avec son petit machin, ils reçurent de leur père cette punition qu’il relate dans ce livre. Si en famille l’enfant blanc pouvait recevoir pareille correction, que dire du traitement réservé à un Noir amené au commissariat pour une infraction ? Eh bien, il recevait trente coup d’un fouet taillé dans la peau d’un hippopotame. L’auteur se souvient. Parmi les autres souvenirs que l’auteur partage dans ce livre, il y a des camarades du collège, la fille du voisinage, les jeux, les escapades, le feu de brousse.
Dans l’insouciance de l’enfance, la vie était belle malgré tout. Jean-Marie ne pouvait pas l’imaginer autrement, il ne pouvait pas voir l’orage qui s’annonçait au firmament. La suite des événements allaient donc le surprendre, lui plus que les adultes. Plus d’un demi siècle plus tard, ce regard que Jean-Marie Dubetz, à travers ce livre, jette dans le rétroviseur met à nu certaines évidences : le réfugié d’aujourd’hui a quitté son pays sans s’y être préparé, comme l’auteur avait quitté le Congo Belge contre son gré. Comment ne pas se poser aussi la question sur ce que fut l’apartheid en Afrique du Sud, en Amérique et même en Afrique ? Nous vous recommandons la lecture de ce livre dans lequel la prose et la poésie se mélange avec bonheur. Félicitations à l’auteur !
— Pie Tshibanda

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