Epinard-Yukiko
Frédéric Boilet
Les Impressions Nouvelles / coll. For intérieur
Bande dessinée
16.5 x 23.5 cm / 160 pages
ISBN 978-2-87449-542-7
2017
19 €
Disponible

Salué avec grand enthousiasme à sa parution en 2001 par le public comme par la critique, l’Épinard de Yukiko est une œuvre à la fois inclassable et immédiatement reconnaissable. Ces deux charmes n’ont aujourd’hui rien perdu de leur force. L’histoire est simple, mais d’une intensité et d’une tendresse peu communes : la rencontre entre un auteur français de bande dessinée, installé à Tokyo, et Yukiko, une jeune Japonaise avec qui il vit une parenthèse amoureuse et érotique.

L’usage de la vidéo, dont Frédéric Boilet se sert comme croquis, et l’attention portée aux plus petits détails de la vie quotidienne, à l’image de l’un des grands apports de la Nouvelle Vague à l’imaginaire cinématographique, donnent à cette histoire une profondeur et une justesse sans équivalent dans le monde de la bande dessinée. L’Épinard de Yukiko relate l’émergence d’une impossible passion (Yukiko aime un autre homme, qu’elle attend) au cœur d’un monde saisi de façon à la fois précise et rêveuse. Ce mélange des contraires se retrouve partout : Boilet rapproche bande dessinée et manga, il dessine en faisant du cinéma, fusionne l’Est et l’Ouest, invente une temporalité nouvelle, entre durée et fulgurance, et implique ses lecteurs dans un dialogue qui dépasse les frontières entre l’art et la vie.

Prépublié au Japon d’avril 2000 à juillet 2001 dans les pages de Furansugo Kaiwa, le mensuel de l’émission télévisée d’apprentissage du français Furansugo Kōza de la chaîne publique NHK, l’Épinard de Yukiko paraissait en album à l’automne 2001, simultanément en français chez Ego comme X et en japonais chez Ohta Shuppan. Publié depuis en sept autres langues, dont l’anglais et le chinois traditionnel, cet ouvrage clé dans l’œuvre de Frédéric Boilet reparaît seize ans plus tard en français aux Impressions Nouvelles, pour la première fois dans sa version originale sous-titrée en japonais. Entièrement revisitée par l’auteur, cette édition est complétée de huit planches supplémentaires et d’une conclusion en forme d’esquisses.

À propos de l’auteur

Frédéric Boilet

Né en 1960 à Épinal, Frédéric Boilet sort des Beaux-Arts de Nancy alors que paraît son premier livre (la Nuit des Archées, en collaboration avec Guy Deffeyes, 1983). Il collabore ensuite avec René Durand (les Veines de l’Occident, deux tomes chez Glénat), avant de rompre résolument avec cette époque en réalisant seul le Rayon vert, paru en 1987 chez Magic Strip. Il y expérimente une méthode de travail qui est encore la sienne aujourd’hui, et pour laquelle il recourt à la photo et à la vidéo : entre reportage de terrain et fiction, l’ouvrage, très remarqué, marquera un tournant dans sa carrière. 36 15 Alexia (Les Humanoïdes Associés, 1990) applique cette méthode à un récit d’inspiration autobiographique. La rencontre avec le scénariste Benoît Peeters oriente son travail vers des récits quotidiens teintés d’humour : Love Hotel (1993) et Tôkyô est mon jardin (1997) chez Casterman, et Demi-tour (1997) chez Dupuis.

Premier lauréat de la bourse annuelle de manga Kôdansha en 1993, Frédéric Boilet s’installe au Japon en 1997. En 2001, il organise l’Événement Nouvelle Manga à Tôkyô et publie l‘Épinard de Yukiko (Ego comme X), un ouvrage aujourd’hui traduit en neuf langues, puis Mariko Parade (en collaboration avec Kan Takahama, 2003). Ses bandes dessinées, illustrations et articles paraissent régulièrement dans la presse japonaise, aux tirages souvent extraordinaires (Big Comic, 900 000 ex., Asahi Shimbun, 8 millions d’exemplaires…), et seront rassemblés en France dans deux ouvrages : l’Apprenti Japonais (Les Impressions Nouvelles, 2006) et Elles (Ego comme X, 2007).

Premier auteur occidental à avoir réussi à s’imposer au Japon, il joue au fil des années un rôle de plus en plus actif entre BD et manga, adaptant en français Quartier lointain de Jirô Taniguchi ou l’Homme sans talent de Yoshiharu Tsuge, en japonais Petit Vampire de Joann Sfar ou l’Ascension du Haut Mal de David B. De 2004 à 2008, il crée et dirige successivement les collections Sakka et Sakka Auteurs chez Casterman, présentant pour la première fois en Occident les ouvrages de quelques uns des meilleurs auteurs de la bande dessinée japonaise, comme Kiriko Nananan ou Kyôko Okazaki.

 

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