Les Bouloches
Françoise Lison-Leroy
Dessins Pascaline Wollast
Esperluète / coll. Livres
Récit
11 x 19 cm / 56 pages
ISBN 978-2-35984-034-6
2012
14 €
Disponible
Dist. : Autodistribution
chez l'éditeur

Extrait :
Vous n’aurez pas Papa. Vous ne l’enfermerez pas dans vos cages à momies, sans herbes ni bouloches. Il n’a ni l’âme guerrière ni l’allure d’un fantôme. Et s’il fugue, les nuits de pleine lune, c’est pour happer ce cri perdu depuis l’enfance. Celui que vous cherchez vous aussi en empoignant vos livres, vos cartes magnétiques, vos écrans fondateurs.
Jaloux. Vous voyez bien qu’il trouve, lui, son diamant. Cela vous peine ?

Un homme garde des bouloches au fond de ses poches. Parfois il les tient au creux de la main. Il en aime la rondeur et la douceur. Par elles, il se rassure, reste au monde ou se souvient de l’enfance.
C’est un père sous l’œil de sa fille. Elle le regarde partir. Le moment présent n’a plus prise sur lui. Les souvenirs s’effacent. Et s’il s’agit de l’oubli et de la perte, on lit surtout l’amour et la vie qui unissent ces deux-là.
Françoise Lison-Leroy offre un texte fort, où l’observation de la vieillesse du père se teinte tour à tour d’émotion, d’humour, de tristesse, et toujours de tendresse. Il y a de l’âpreté dans cette écriture qui évacue tout sentimentalisme et toute complaisance, qui dit les choses comme elles sont.
Pascaline Wollast répond par des dessins noirs, emplis de matière, où la terre et le personnage se confondent. Le jardinier, le jardin, les animaux, les bouloches deviennent sous son trait les objets d’une géographie de l’intime.

À propos de l’auteur

Françoise Lison-Leroy

Françoise Lison-Leroy vit en Belgique. Elle y est née en 1951, dans un village du Pays des Collines. Elle habite près de Tournai, où elle enseigne le français et participe à la page culturelle du journal Le Courrier de l’Escaut.

Elle publie de nombreux livres de poésie et quelques recueils de nouvelles. Avec Pays géomètre (L’Age d’Homme, 1991), elle a obtenu le prix Max-Pol Fouchet. Ses Histoires de Petite Elle (Luce Wilquin, 1996) ont été rééditées par Labor (1999). Quelques ouvrages sont destinés aux enfants, tel Marie-Gasparine (Le Dé Bleu, 1999) . Dans Celle que l’été choisit (Rougerie, 1999), on trouve selon Carl Norac, “un souci aigu de la forme, un lent assolement des images, un impressionnisme de la concision”.

Aux Editions Esperluète, elle publie Sans mots, illustré par Anne Leloup, ainsi qu’un livre pour enfants, Je n’ai jamais dit à personne que, en collaboration avec Colette Nys-Mazure et Montse Gisbert, et le recueil Commencer par le soir, avec des photographies de Sylvie Derumier.

L’incisive, paru en 2005 chez Rougerie (F), a reçu le prix de littérature Charles Plisnier.

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