cahier du poeme2 n05
François Emmanuel en double
Les Cahiers du Poème 2
Les Cahiers du Poème 2
Théâtre
/
ISBN
2014
30 €
Disponible
Dist. : Autodistribué

En 2014, François Emmanuel est celui par qui tout commence et recommence au Poème 2.

C’était bien le moins d’offrir à cet artiste « polyfacétique » plusieurs tribunes ou scènes. Car c’est dans le registre de l’ « art vivant » – ici, le théâtre – que l’auteur se lance un nouveau défi.

Tout est dit sur la qualité de son écriture. Auteur connu, reconnu, lu, relu. Ses livres sont ceux que l’on offre et qui circulent de lecteur en lecteur, ancien ou nouveau.

François Emmanuel s’est fait un nom. À présent, il donne de la voix. En douceur. Comme, « le mur murant Paris, rend Paris murmurant », ce vers que rapporta Beaumarchais suffit, il y a plus de deux siècles, à expliquer le mécontentement des Parisiens du temps qu’on emprisonnait leur ville d’une enceinte ! Puissance de la formule !

François Emmanuel, c’est sûr, aime le théâtre depuis toujours. Il a commencé par en faire et continue à s’y déployer.

Il connaît trop bien la chanson des âmes humaines. Il écoute cette musique à longueur de confessions intimes. L’homme est un médecin psychiatre.

Ici l’enjeu des textes dramatiques de l’auteur est dans les silences habités entre les prises de parole. Ce sont eux qui éclairent le discours. Les dits, les non-dits. Mais tout peut-il être dit ?

Deux solos. Un texte pour femme seule. Un texte pour comédien seul. L’un et l’autre essaient de « faire République » avec leur environnement : lui, le savant avec Boris, le régisseur de sa conférence ratée – notons au passage que ce texte aurait pu s’appeler Le Boson. C’était avant l’attribution du Prix Nobel à François Englert. Ces événements se sont télescopés et l’auteur a changé de titre.
Il s’appelle désormais : Contribution à la Théorie Générale.

Elle, amoureuse, séduite abandonnée, négocie avec la justice et son grand oiseau mort.

Depuis que Joyo ne chante plus, Lia délire.

Minérale et organique, ainsi est la femme comme aussi l’homme est : minéral et organique.

À la fois, des êtres silencieux qui ressemblent aux plantes qui poussent dans les jardins et des êtres bavards quand une force tellurique les secoue. En somme, ils se sondent à la verticale et à l’horizontale. Juste au point des fragilités. Seul leur rapport aux mots change.

La prouesse de l’auteur est de ne pas « faire violence » au spectateur. Ni le clouer dans son fauteuil sans plus d’espace propre à son imaginaire. Au contraire, c’est lui qui prend le pouvoir. Le discours de l’auteur se dépose comme un pollen, nous fertilise et nous rend à notre pleine dimension d’êtres compatissants devant les forces et les faiblesses de notre condition.

La langue court, danse, elle chante presque, dérape quelquefois ! À l’image des figures risquées de patinage artistique sur un lac gelé ! Maîtrisée, cette discipline rigoureuse en son point d’incandescence entre le faire et le savoir, soulève l’admiration du regardeur. Mais la trace des patins sur la glace raconte une autre histoire. Qui peut dire ?

À propos de l’auteur

Les Cahiers du Poème 2

Une fois l’an, en janvier, la parution des Cahiers du Poème 2 coïncide avec le lancement de la saison du Poème 2. Les Cahiers proposent le texte des pièces en création, des entretiens avec leurs auteurs ainsi qu’avec les artistes associés à ces créations, et les regards croisés d’écrivains, de penseurs et d’observateurs avertis.

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