Michel Guérin
La Part de l’Œil / coll. Théorie
Essai
16 x 23 cm / 124 pages
ISBN 29-3-0174-38-2
2008

Disponible

Philosophe, Michel Guérin, né en 1946, a publié une vingtaine d’ouvrages, dont La Terreur (1990) et La Pitié (2000), aux éditions Actes-Sud, ensemble théorique consacré à l’affectivité et à la relation de l’émotion avec l’ordre symbolique. Professeur à l’université de Provence, où il enseigne l’esthétique, il est membre de l’Institut universitaire de France. Il a publié récemment de nombreux articles et ouvrages sur l’art.

Qu’est-ce que l’espace ? C’est ce qui est ouvert, patent (pateo, d’où spatium). Ce qui, plus exactement, s’ouvre en accueillant des figures, des images, des mouvements, des traces. L’espace ne s’ouvre pas tout seul ni pour lui, pour rien : il est ouvert à l’instant qu’il libère une scène, que la différenciation prend tournure. C’est pourquoi l’espace ne précède pas les formes comme le fond, croit-on, préexiste aux figures : ce n’est ni un support fixe, ni un contenant, mais plutôt un champ métastable qui se transforme en détachant des figures et est, en retour, modifié par elles. Lorsqu’on parle d’espace, on pense « grands espaces », comme si la dilatation, la largeur, le latéral indéfiniment repoussé livrait intuitivement, sinon l’essence, du moins le climat de l’espace.

Quant au caractère proprement plastique, il prend aussitôt le relais de cette dilatation, du besoin d’air et de distance que le processus (créateur) de différenciation (critique) porte et impose. Le grec plassein/plattein signifie modeler, façonner. Délibérer lequel, du geste physique de pétrir ou du mental d’imaginer, est premier, ne laisse guère espérer de solution franche, car feindre (fingere = forger) emploie toutes les facultés ; c’est un orgue qui étage les claviers et met en branle les muscles et la cervelle, ensemble avec l’émotion. Seul un esprit d’un corps imagine. Un spiritus phantasticus.

À propos de l’auteur

Michel Guérin

Michel Guérin est l’auteur de quelque trente ouvrages, littéraires, critiques ou philosophiques. Agrégé de philosophie (1970), diplomate en poste en Allemagne, en Autriche, puis en Grèce (1982-1993), il est professeur émérite à l’Université d’Aix-Marseille et membre honoraire de l’Institut universitaire de France. Il a notamment publié : aux P.U.F., La politique de Stendhal (1982) ; chez Actes-Sud, Qu’est-ce qu’une œuvre ?(1986), les deux volumes de La Terreur et la Pitié (1990/2000), Philosophie du geste (1995 – 2e édition augmentée 2011) ; chez Jacqueline Chambon, Nihilisme et modernité en 2003 ; à La Part de l’Œil L’Espace plastique (2008) ; aux éditions de la Transparence, La Peinture effarée – Rembrandt et l’autoportrait (2011) ; dans la collection “Encre marine” (Les Belles-Lettres), Le Fardeau du monde – De la consolation (2011) et Origine de la peinture (2013) ainsi que – à paraître – La Croyance (de A à Z). Il a dirigé plusieurs ouvrages collectifs aux Presses Universitaires de Provence, dont Le Geste entre émergence et apparence (2014). Il collabore régulièrement à la revue La Part de l’Œilhttp://www.guerin-figurologie.fr

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