couverture (24)
Michaël Matthys
Frémok / coll. Amphigouri
Bande dessinée
21 x 26.5 cm / 100 pages
ISBN 978-2-930204-42-0
2003
22 €
Disponible
Dist. : Sodis

Michael Matthys a obtenu les autorisations nécessaires pour circuler dans l’usine dans l’usine de Cockerill Sambre, prendre des photos et en faire un bande dessinée. La visite commence. Et aussitôt s’affirme l’impossibilité de raconter une histoire, aussitôt la présence monumentale, vertigineuse et submergente du lieu lui vole la vedette.

Moloch est une représentation, une immersion, un exercice de mémoire et d’archive des hauts-fourneaux de la sidérurgie du bassin carolorégien, la région industrielle qui se trouve au sud-ouest de Bruxelles. La sidérurgie est, après le charbon, la seconde grande activité industrielle wallonne à subir les déboires de l’incessante révolution du capitalisme mondial.

C’est dans l’usine de Cockerill Sambre que nous entrons comme dans le labyrinthe du Minotaure, là où les hommes, travailleurs de la poussière, de la chaleur et de la limaille semblent être à la merci du monstre aux intestins de feu et d’acier.

Le jour se lève, sur le ring de Charleroi, la voiture de l’auteur quitte l’autoroute et emprunte le chemin de l’usine. Son guide l’attend. Michael Matthys a obtenu les autorisations nécessaires pour circuler dans l’usine, prendre des photos et en faire un bande dessinée. La visite commence.
Et aussitôt s’affirme l’impossibilité de raconter une histoire, aussitôt la présence monumentale, vertigineuse et submergente du lieu lui vole la vedette.

Il n’y aura donc que cette usine, ses machineries comme autant d’organes au travail, et ses quelques ouvriers que l’on croise comme des figurants d’un dispositif titanesque. Le narrateur se trouve perdu là comme un néophyte égaré dans quelque mystère d’Eleusis.

Le lecteur traverse l’espace, comme en apnée, la narration ne cesse de gagner en fluidité, la matière, elle, ne cesse d’exiger que l’on s’arrête. La narration joue le rôle de la machine quand la matière impose son regard critique. L’aspect photographique du dessin est démonté par le lent travail de l’acide qui attaque la plaque, la ronge d’une matière dense, moirée, sombre. Elle alourdit et ralentit par sa présence la lecture et la narration.

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