paysage-apres-bataille
Philippe de Pierpont, Éric Lambé
Frémok / coll. Hors collection
Bande dessinée
17 x 24 cm / 420 pages
ISBN 978-2-330069-98-8
2016
29 €
Disponible

Le paysage défile dans la nuit sombre, l’auto-radio chante Blackbird. Dans le taxi, Fany roule vers le camping du Ruisseau. Un endroit hors du temps où se réfugier pour soigner ses blessures et tenter de chasser ses oiseaux noirs.

Dans les allées de caravanes rangées en ordre de bataille, et malgré la rigueur de l’hiver qui s’annonce, quelques habitants sont encore présents. Pierrot, qui rêve de faire le tour du monde, un jour. Jean et Gina, retraités amoureux qui construisent des niches d’oiseaux. Et puis Jean-Louis, ancien boxeur plutôt rustre qui tente de se reconstruire.

Dans ce huis clos à la fois théâtre d’une réalité sociale précaire et des utopies de ses habitants, Fany ne peut s’isoler totalement. D’infimes liens se créent, comme autant de brèves touches de couleurs dans son existence emmurée dans la douleur et le silence, à l’image de la neige qui recouvre le paysage et envahit les pages. Mais le printemps renaît toujours et avec lui, peu à peu, Fany parviendra à accepter l’inacceptable et, surtout, à le dire. Car ce n’est qu’ainsi qu’elle pourra recommencer à vivre. Qu’elle pourra prendre son envol, comme l’oiseau noir de la chanson.

C’est dans une oeuvre empreinte de poésie que nous plongent Philippe de Pierpont et Éric Lambé. Le trait d’Éric Lambé se métamorphose, se tord même parfois jusqu’à l’abstraction pour retranscrire au plus vrai la douleur de Fany, tout comme l’apparition de la couleur marque, avec douceur, sa lente renaissance. Marqué par un silence bien plus éloquent que les mots, traversé par une profonde mélancolie, Paysage après la bataille évoque avec une justesse rarement égalée la vie brisée d’une femme qui doit réapprendre à vivre.‎

À propos de l’auteur

Éric Lambé

À l’aube des années 1990, Éric Lambé a animé avec Alain Corbel les précieuses revues Moka et Pelure Amère. Il a collaboré à de nombreuses revues avant de signer les Jours ouvrables aux éditions Amok. C’est avec Sifr, récit court du Cheval sans tête volume 5, qu’il débute en 1998 sa collaboration avec Philippe de Pierpont. Suivront Alberto G. en 2001, co-édition Le Seuil / FRMK, et la Pluie chez Casterman. Sa participation à la collection “Carnets Littéraires” aux éditions Estuaire lui fait rencontrer l’univers de l’écrivain Marie Desplechin pour deux ouvrages : le Sac à main (2004) et la Photo (2005). En 2008, il retrouve de Pierpont pour Un voyage chez Futuropolis avant son retour aux éditions FRMK pour Deux Îles, un livre de dessins. Illustrateur pour la presse, il a également signé un livre de jeunesse, A viagem de Djuku (le Voyage de Djuku), sur un texte d’Alain Corbel.

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