verveine-et-venin
Annie Perec Moser
Préface de Jean Colin. Peintures de Jacques Perec, Michel Backes, Nathalie Bibby et Jacques Person
Le Coudrier
Poésie
14 x 20 cm / 71 pages
ISBN 978-2-930498-90-4
2018
18 €
Disponible

L’enchanteur est changeur, redouble de son regard l’acte de naissance du monde quand sur lui nos yeux s’ouvrent. Sons et images, rythmes, topographie, à la traverse du langage, il nous propose ses visions, renouvelle notre perception et par l’esprit, la manière et l’art, nous appelle à nous réapproprier ce monde, ainsi que le nageur tout à la fois conjure et nomme l’onde qu’il embrasse.
Le poète s’aventure à renouveler l’éveil qui fait sien le monde, joue de son étrangeté pour rejoindre la familiarité d’une humanité inouïe. Aussi nous fait-il résonner le monde en sourcier, là où le raisonnement ne saurait répondre d’un sens. A travers l’aède, le langage se fait image du monde, lanterne magique de sa géode, épopée des présences.

— Jean-Michel Aubevert

***

La poésie devrait être déclarée d’utilité publique. Les poètes, dont Annie Perec Moser fait partie, ont ce pouvoir précieux, et si important dans le monde d’aujourd’hui, de créer un univers bien différent de notre quotidien. Avec des mots et de la musique, ils colorent les gris, les ternes, le médiocre. Ils ouvrent grand nos fenêtres, nos yeux, nos mains, ils nous offrent des paysages où nous trouvons enfin notre place, reléguant nos servitudes au second plan et même plus loin. N’oublions pas que le poète est un enchanteur, ici, une enchanteresse.

— Extrait de la préface de Jean Colin

Extrait

LE TEMPS MADAME…

Voici venu le temps où les corps se détachent,
Ta fougueuse jeunesse s’enfonce dans l’oubli
A celui tant aimé, plus rien ne m’attache
Et nos soleils d’hiver sont à jamais taris.

Amoureuse éperdue, les ans emporteront
Nos désirs d’aimer, il est passé le temps
Des yeux entoilés d’or posés contre ton front
Et des jambes enroulées à l’ombre de tes flancs

Adieux couleurs vivaces, et nus parfums des peaux
Morsures éclatantes, lèvres pourpres et gonflées
Transparences des joues, impudeurs des mots
Et du cratère ardent, le sang s’est arrêté.

Esprit ! la belle affaire, je veux une heure, un jour
Sentir encore l’odeur du pain chaud le matin
Sur nos bouches meurtries par un excès d’amour
Et le goût du café apaiser notre faim.

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